Harlem n'est plus mais vaut toujours le détour

 

Lorsque l’on tape ‘Harlem groupe’ sur google, seule une critique un peu obscure apparaît. Il semble que la bande ne bénéficie pas d’une grande visibilité en France pourtant sa formation remonte à 2007. Harlem est composé de Michael Coomers et Curtis O’Mara, tous les deux chanteurs, guitaristes et batteurs, ainsi que de Jose Boyer, bassiste. Le groupe se forme à Tucson, Arizona avant de déménager à Austin, Texas où le succès prend forme. Leur grand sens de l’humour les a classé 40ème du top Twitter d’artistes par Pitchfork en 2010, qui ont d’ailleurs labélisé leurs mélodies « bubblegum », terme bien trouvé pour définir leur musique sournoise. Harlem cesse son activité en 2012 car Michael Coomers forme de son côté Lace Curtains, Curtis O’Mara créer Grape St., tandis que Jose Boyer bouge à New York City et s’implique dans la formation de Daytona (indie surf-rock) puis d’un autre groupe tout aussi prometteur : Las Rosas (plus garage rock, spotté par Burger Records).

Harlem n’est pas sans rappeler Foxygen ou Girls, en un poil plus farouche et tenace. L’album à ne pas rater c’est Hippies, leur troisième et dernier, sorti en Avril 2010. Un album enregistré par Mike McHugh à « The Distillery » à Costa Mesa en Californie et sorti sur le label Matador Records. Leur son y est un savant mélange entre indie rock solaire et garage lo-fi tapageur. Leurs refrains sont infectieux, leurs chants insouciants, leurs paroles parfois indéchiffrables (et comme celles de FIDLAR souvent à propos du fait d’être jeune et stupide) et leurs guitares agitées. L’ensemble est d’une simplicité brillante.

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Cet album compte 16 chansons entrainantes de 3mins maximum, aux riffs et paroles les plus addictives les unes que les autres, mises bout à bout dans un grand désordre imprévisible. Be Your Baby et Three Legged Dog sont des comptines pop à la Buddy Holly au côté néanmoins tumultueux. Gay Human Bone est un hymne pop-punk frivole. Pissed (grande ressemblance early Black Lips), Spraypaint et Friendly Ghost sont sans doute les plus brutes et effrénées mais n’en restent pas moins euphorisantes. Quant à Someday Soon, définitivement notre préférée avec sa mélodie juvénile aux airs de Beach Boys et ses paroles vénéneuses, elle est faite pour nasiller avec entrain « Someday soon you’ll be on fire/ And you will ask me for a glass of water/ And I’ll say no-o-o-o-o-o/ You can just let that shit burn« .

Chayma Mehenna

Chayma Mehenna

Culture enthousiaste et passionnée d'arts et de musique particulièrement de garage et psych rock.

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