Playlist #11 // Ce que vous allez écouter en août ’17

Si l’odeur des gouttes de pluies sur l’herbe chatouille bien plus nos narines que nous le voudrions en ce début de mois d’août, c’est l’occasion toute trouvée pour nous de nous enfermer pour vous proposer une playlist qui viendra égayer vos journées. Par pluie ou par beau temps, on vous invite à écouter cette sélection de nouveautés et de vieilleries qui nous font danser, nous font pleurer ou nous font rêver.

Wolf Alice – Yuk Foo

alt-J – Hit Me Like That Snare

Mount Kimbie – Blue Train Lines (ft. King Krule)

Ariel Pink – Another Weekend

Toro Y Moi – Girl Like You

The Buttertones – Gravediggin’

The Mystery Lights – Too Many Girls

Wedding – Rocket Ship

Vansire – Brown Study

Beach Youth – Diary

Arcade Fire – Creature Comfort

Varsity – Cult Of Personnality

Average Sex – We’re Done

Childhood – Cameo

Beach Fossils – Sugar

Crédit photo : Lucie Zorzopian

Pour son clip RIP In Peace, Jessica 93 nous éclaire : Kurt Cobain = Jesus

Seul aux commande, Geoffroy Laporte gère de A à Z Jessica93. D’abord il est maître de riffs de guitares suintants faisant de ses morceaux des boucles aussi torturées que brouillonnes. Ensuite, il sait y immiscer le cynisme et le 1000e degré comme personne d’autre. Deux élements qui font de « RIP In Peace », son dernier clip, une jolie réussite glaçante. La noirceur que sa Squier pleure, rongée par les distorsions, s’illumine grâce à photomontage kitsch, calcul et théorie du complot bidons. Un son shoegaze sismique et lancinant qui se fait hommage puisque cette année, Kurt Cobain aurait eu 50 ans. Selon la bible Jesus devait revenir. C’est donc en une démonstration pleine d’ironie, faite à partir d’une compilation d’images générique à la Getty que Jessica93 annonce : et si c’était Kurt Cobain ? On vous laisse vous délecter de ce bon sens.

En concert le 15 décembre à la Maroquinerie pour la release party de l’album Guilty Species, sortie prévue le 3 novembre.

Route du Rock édition hiver : mise en bouche prometteuse

Il y a quelques semaines, nous avons eu le privilège de nous rendre en terres bretonnes pour assister à la session de chauffe hivernale de la Route du Rock, festival estival de renom. Ce week end riche en émotions et en son nous a permis de nous en prendre plein les yeux, grace, notamment, à la fougue des londoniens de Shame dont la prestation sans concession a laissé la salle en émoi, ou encore la petite nouvelle Fishbach et ses jeux de lumière captivants.

Petite sélection photo de nos artistes préférés sans ordre particulier :

 


Shame

 

Fishbach

 


Buvette

 


Goat Girl

 


The Limañanas

 


Juniore

On ne peut que vous conseiller d’être à l’heure pour le rendez-vous de cet été tant la programmation est attrayante, merci St Malo, à bientôt.

words & photos : Lucie Zorzopian

Mystery Lights, la verve, l’allure extravagante et le crachat

Un groupe se présente au monde avant tout par sa prestation scénique. Ceux pour qui l’on se passionne font de leurs concerts des coups de poings et véhiculent une énergie brute qui saute à la figure de tous. Mystery Lights en fait brillamment parti. Le mois dernier, dans la salle embuée de la Maroquinerie, ces quatre forces tranquilles ont autant ébouriffé leurs cheveux qu’ils ont sautillé incessamment. Pourtant tout ça n’a rien d’artifices de scène, ce groupe est dévoué à ces instants sur l’estrade, où le lâcher prise rencontre la maîtrise, où le souffle est court et la frénésie violente. Parce que l’on est persuadés qu’un tel charisme cache une histoire intéressante, nous avons pris le temps de rencontrer le bassiste Alex Amini, le guitariste L.A Solano et le chanteur Mike Brandon autour d’une bière, juste avant le lever du rideau.

 

 

Vous êtes originaires de Californie pourquoi avoir bougé à New York  ?

L.A Solano : On avait des amis là-bas, on y est juste allé en visite. On s’est tous rejoins mais on n’avait pas vraiment de plan.

Mike Brandon : C’est l’opposé de la Californie où tout est tranquille et calme. Ce n’est pas vraiment qu’on s’y ennuie quand on y habite, c’est juste un rythme différent on va dire. New York est plus frénétique, vivante et diverse. Ça avait l’air d’être l’expérience à vivre. On n’avait jamais vraiment été à New York en plus. On y a juste été pour tâter le terrain et ça s’est avéré être à notre goût, à tel point qu’on a fini par y rester. Ça fait sept ans… La difficulté réside dans le loyer, c’est cher. Mais sinon ça vaut le coût. La Californie nous manque quand même, on retournera sans doute y vivre à un moment donné.

 

Pourquoi avoir choisi le Queens ? Ce n’est pas vraiment l’endroit le plus connu pour être vivant.

Mike Brandon : Alex vient de New York, il vivait déjà dans le Queens. Il y a trouvé un appartement pas cher.

Alex Amini : J’ai toujours vécu à New York, j’ai habité dans pas mal de quartiers mais même si le Queens n’a rien d’excitant, ça reste un endroit agréable et calme.

L.A Solano : On ne veut pas vraiment vivre dans l’endroit le plus bondé ou animé.

Mike Brandon : On est content d’être reclus là-bas et puis c’est pas si loin de là où tout se passe. C’est à quelques stations de Manhattan et Brooklyn. C’est plus cool d’être dans les quartiers résidentiels finalement. On réussit à vivre tous ensemble, à jouer ensemble. On s’est trouvé un appartement assez grand avec un studio en bas. Daptone n’est qu’à deux stations de métro. Je ne changerais tout ça pour rien au monde.

L.A Solano : Mais on ne conseille à personne d’y vivre.

 

Ah oui ? C’est dur de vivre à New York ? 

L.A Solano : Tu te retrouve immergé. Si t’es prêt à vivre dans un canapé pendant un an, le temps de savoir ce que tu vas faire et comment tu vas gagner de l’argent, tout ira bien.

Alex Amini : Tu peux être sans le sou et vivre une vie décente. Enfin, si tu connais les bonnes personnes.

L.A Solano : Et si tu es prêt à vivre ce genre de vie. Certaines personnes n’aiment pas ce style de vie. Mais nous, ça nous va. Ça a pris un moment mais maintenant on a une belle baraque, on s’en sort bien.

 

Il y a un certain son qui est affilié traditionnellement à New York. Les Modern Lovers, les Strokes, le Velvet Underground… Vous savez, ce son du métro new yorkais qui affecte tous les groupes qui y vivent. Vous avez ressenti une influence de la ville sur votre son ?

L.A Solano : On écoute des groupes new yorkais depuis qu’on a commencé à jouer nos instruments, au lycée. On a commencé par écouter les Ramones, Television et les New York Dolls puis la No Wave avec James Chance, d’ailleurs c’est la meilleure période.

Mike Brandon : Je ne pense pas que ça ait changé grand chose à notre musique. On a toujours été inspiré par de la musique new yorkaise.

 

À propos de cette ville vibrante et frénétique qu’est New York, ça vous est arrivé de vous perdre parfois ou de vous sentir submergés ? 

L.A Solano : Évidement. On a grandit en Californie… Ça nous manque. Le contraste est poignant. D’ailleurs, on aime prendre des pause. C’est un peu une relation d’amour et de haine. On rentre en Californie, on s’ennuie, on revient à New York, on se sent trop stimulés, on repart en Californie.

Alex Amini : Je pense juste qu’il faut savoir se ménager. On a beaucoup d’amis dans des groupes, ils jouent un soir sur deux, c’est facile de se laisser entraîner dans un rythme effréné. C’est pour cette raison que c’est pas plus mal d’habiter un peu loin de tout ça. Ça nous fait du bien.

 

 

Pour vous quel est le point en commun entre des artistes de Daptone Records tels que Sharon Jones ou Charles Bradley et vous ? Qu’est-ce qui vous rapproche d’eux finalement ?

Mike Brandon : Le rock que l’on joue prend racine dans le blues et la soul. Daptone est un label de soul, ces artistes jouent de la soul. Je pense que c’est le point que l’on a en commun. Je ne pense pas que Daptone ne s’intéresse qu’à la soul de toute manière, et puis, qu’est ce que la soul finalement ? C’est une sensation qui se localise dans les tripes. C’est tout ce qui est viscéral. Les Frightnrs faisaient du reggae mais ils sont tout de même chez Daptone. Il y a des points de rencontre avec ce genre de musique aussi. Ce qui nous uni c’est leur approche qui reste toujours la même, ils ne compliquent pas les choses avec des ordinateurs : ils font ça à l’ancienne. Peu importe le genre de musique. Tous ceux qui sont chez Daptone aiment écrire et enregistrer la musique de cette manière.

L.A Solano : C’est un honneur de faire partie de ce label, ils ont d’excellent musiciens.

 

Comment avez-vous réussi à être les premiers à sortir un album chez Wick Records ?

Mike Brandon : Christiana Bartolini qui travaille chez Daptone nous a découvert lors de l’un de nos show. Elle a trainé Neal Sugarman et Wayne Gordon à Union Pool, une salle de concert à Brooklyn, voir l’un de nos shows un soir d’été. Après notre concert, ils sont venus nous démarcher, nous proposer de venir voir leur studio. On était flattés qu’ils veuillent sortir notre premier 45t et nous inclure dans leur sous-label Wick.

L.A Solano : Wayne Gordon et Mikey Post ont produit notre album. Mikey Post s’occupe de Wick aussi, c’est leur projet à tout les deux. Mikey Post est aussi batteur dans un groupe, The Jay Vons et il joue aussi dans Raining Sounds. Je pense que c’était leur excuse pour ramener le rock qu’ils adorent et jouent dans Daptone Records.

 

 

Vous répondez quoi aux gens pour qui vous n’êtes qu’un énième groupe de revival 60’s? 

L.A Solano : On aime beaucoup de genres de musique différents. Parfois les gens n’entendent que cet aspect là dans notre musique. Ça ne nous dérange pas, on ne fait que jouer la musique qu’on apprécie. On n’essaye pas de sonner comme quelque chose en particulier.

 

C’était difficile de ne choisir que quelques chansons à mettre sur l’album parmi le paquet de morceaux que vous avez en magasin ?

L.A Solano : Pour le premier album c’est vrai qu’on avait de nombreuses chansons. D’habitude Wayne Gordon et Mikey Post discutent avec nous de la manière dont on pourrait assembler les morceaux que l’on a sélectionné. On doit faire en sorte d’en choisir qui sont connectés d’une manière ou d’une autre, qui ont la même couleur. J’imagine que ce n’est qu’une question d’organisation finalement. On essaye d’enregistrer toujours plus que prévu. Par exemple, on vient de composer six chansons, deux d’entre elles sortent sur un 45t dans quelques mois mais on ne sait pas vraiment encore si elles feront partie de l’album. Ça va dépendre de beaucoup d’éléments.

 

Vous êtes amis depuis longtemps, vous jouez ensemble, vous composez ensemble. Est-ce que vous avez trouvé un moyen de calmer les crises lorsqu’elles arrivent ?

L.A Solano : On est tous assez caractériels et bipolaires. On se connaît depuis très longtemps, on a fini par apprendre à quel moment il faut se laisser de l’espace. Mais c’est sûr que ça prend du temps. On est dans une véritable relation avec notre groupe. C’est un peu comme être mariés tous ensemble, tu te retrouves coincé avec eux tout le temps. Mais on s’entend très bien. On est soudés et on se protège autant qu’on le peut. Tout ce qu’on vit nous rapproche.

 

J’ai entendu dire que vous étiez plutôt du genre introvertis. C’est pas difficile le milieu de la musique quand on est timide ?

L.A Solano : Pour ce qui est d’enregistrer c’est facile. (rires)

Alex Amini : On est souvent dans des foules et beaucoup de gens viennent nous parler. Ça peut-être submergeant parfois mais on est obligés de jouer un peu le jeu, de sortir de notre tête.

L.A Solano : Lorsque l’on est sur scène on oublie tout ça.

 

 

Y a-t-il a une histoire particulière derrière l’un de vos riffs ?

L.A Solano : On n’y pense pas vraiment de cette manière.

Alex Amini : On écrit la musique de deux manières différentes. Parfois on improvise et on écrit ce qui en découle. Parfois L.A arrive avec son riff et on construit nos chansons autour de cet élément. Ça dépend. Dans tout les cas ça se produit de manière très naturelle.

L.A Solano : Ça dépend beaucoup de ce qu’on écoute à cette période-là aussi. On écrit surtout la musique qui nous semble être adéquate au live, pas vraiment celle qui est faite pour le studio. La musique est en fait juste une excuse pour jouer live. C’est comme ça qu’on faisait avant, on tournait. On n’avait jamais rien sorti, on ne savait pas comment faire pour sortir un album. Daptone ça a été une grande étape pour cette raison là. Leur approche reste assez similaire à la nôtre. Le studio est une vieille maison, quand tu y es, tout le monde vient, te dis ce qu’il en pense. On construit comme ça.

Alex Amini : On essaye de ne rien forcer en tout cas.

 

Vos paroles sont-elles cathartiques ? 

Alex Amini : Absolument.

L.A Solano : Beaucoup de nos paroles sont à propos des relations. Mike est très bon lorsqu’il s’agit de traduire ses émotions en chanson. Faire de la musique c’est sortir quelque chose de toi dans le monde, et si tu en es fier c’est une sensation incomparable.

Alex Amini : Mike dit que la plupart de ses chansons viennent de ses démons, de ses conflits internes. Il essaye de comprendre sa propre psyché, ce qui est assez difficile.

L.A Solano : C’est pas simple de produire quelque chose quand tu es heureux et confortable. Les gens peuvent vite devenir accros au fait d’aller mal et d’être malheureux. Dans un sens, ça te pousse à créer, à t’exprimer, c’est pas si mal. Tu vois, c’est comme le fait d’habiter en Californie, c’est très agréable mais parfois ça ne t’incite pas à créer, à sortir quelque chose de toi. J’imagine du coup que ça a du bon de se sentir mal parfois.

 

Vous vous retrouvez dans les paroles qu’il écrit ? 

L.A Solano : Oui, absolument. Il écrit vraiment très bien.

Alex Amini : C’est à moitié intentionnel, il y a du lâcher prise autant que de la réflexion, c’est très imaginatif.

 

Une dernière question : à quoi ressemble le diable ? 

L.A Solano : Il a des cheveux décolorés et une crête sur le haut du crâne. Il porte un maillot de bain. Je ne sais pas… (rires) À vrai dire, le diable c’est beaucoup de choses différentes selon les gens. Je ne suis pas vraiment religieux, mais je crois en une force supérieure. Je ne crois pas en les religions organisées.

Alex Amini : Moi non plus.

L.A Solano : Mais je pense que ça aide beaucoup de gens. Finalement je pense que le diable c’est tes propres peurs. Il peut-être bon parfois et te forcer à te surpasser.

Alex Amini : Tu ne peux pas avoir l’un sans l’autre. Tu dois vivre la noirceur pour accéder à la lumière. C’est un mal nécessaire comme on dit. On en a besoin.

 

Words : Chayma Mehenna

Crédit photo : Romain Duplessier / The Attic Video

Récit d’un all-dayer : cidre et fleuron rock’n’roll

Nos amis d’outre manche ont toujours été plus clairvoyants lorsque il s’agit de musique. La preuve ultime ? Faire un concert de jour. Un all-dayer, ils appellent ça. Toute la journée. De quoi apporter une ambiance festival à un jour d’hiver sombre et frais. L’arrivée se fait à 16h, bien que le public soit timide et épars aux débuts. Pour accueillir ce type d’événement quoi de mieux qu’une belle grosse salle, type la Cigale ? À la montée des étages, les dalles de marbres se dérobent à nos yeux et les faux plafonds s’alignent. Le balcon a l’envergure des plus beaux, chaises de velours et dorures sur fer forgé. Nous somme à Kentish Town, à l’O2 Forum, un ancien cinéma à la décoration art déco. Ce qui s’y passe ce soir là n’est pas bien loin du divertissement que les films procurent…

 

The Fall

 

Un homme arbore une belle protubérance sur le front, la démarche courbée, il crache et s’époumone. Cet homme c’est ce qu’il reste de The Fall, un groupe made in Manchester qui sévissait sévère en même temps que Joy Division (avec qui il a partagé l’affiche) et Buzzcocks. À lui seul il porte sur ses épaules affaiblies toute l’identité d’un groupe anachronique. Mark E. Smith, 59 ans, en fait bien plus, on accuse tout un tas de cochonneries. Il continue malgré ce vieil âge et sa condition à donner ce qu’il peut sur scène. Parce qu’on n’accueille jamais une telle pointure direct, il faut bien évidement d’autres noms, présents pour faire monter la tension avant l’explosion ultime. Pour ce faire, Club the Mammoth, l’organisateur, a réuni le fleuron de la scène anglaise. Il y a du tout nouveau comme du un peu plus vieux. Goat Girl ouvre le bal, suivi de Tigercub puis Hookworms (présents au line-up de la Route du Rock hiver 2016).

 

Tigercub
Hookworms

 

Autant vous le dire tout de suite il nous reste peu d’énergie en ce week-end de neige et de grisaille pour défendre toutes les prestation de cette soirée. Quitte à choisir autant désigner Girl Band. Non pas que le concert de Future Of The Left qui suivait ne nous a pas fait taper du pied tout en réprimant l’envie de lever le poing. C’est simplement que certaines performance vous prennent de court et vous font bien vite oublier tout le reste. Et parfois-même votre nom.

 

Futur Of The Left

 

Girl Band est étonnant, car c’est le genre de groupe qui se contre fout des constructions musicales classiques, qui débarque avec une colère viscérale se traduisant en un chaos sonique pur et ingénu. Ça sonne froid, dissonant, pas mal crissant. Le chanteur a la belle verve de la jeunesse, il se bat avec ses démons et n’hésite pas un instant à se plonger dans le laisser aller inconditionnel. Il semble se tordre de douleur, secouer sa bile et maltraiter ses cordes vocales encore et encore. Dit comme ça, ça peut paraitre assez classique comme histoire, mais ça ne l’est pas vraiment. Pas de cette façon là en tout cas. Bon… Face à un tel ras de marré notre ouïe a légèrement souffert, mais pas de regret, on le referait sans hésitation. Que dire de plus de ce week-end improvisé en terre sainte du rock’n’roll ? Le cidre y est toujours aussi bon. Si il y a donc bien deux choses à retenir de tout ça c’est 1. À quand le all-dayer récurrent en France ? 2. À quand du cidre en pression de qualité dans les bars français ?

 

Girl Band

 

Words : Chayma Mehenna

Photos : Lucie Zorzopian

The Parrots, sans peurs ni lois

The Parrots se sont formés sur le tas. Tout a commencé avec l’envie de jouer, puis la sortie de leur demo Aden Arabie en 2013 les a lancé. Quelques tournées plus tard, nous voilà au Point Éphémère face à la bande farouche et intarissable qui a fait de la salle un grand bazar. Être sur scène est leur moment de prédilection et ça se sent. Si à présent l’assurance sur scène de Diego, Larry et Alex est évidente, jouer propre n’est pas l’adage du groupe.

Ils font désormais partie du catalogue de Heavenly Recordings, un label indépendant britannique qui compte aussi Toy, The Wytches… Leur premier album Los Niños Sin Miedo est sorti le 26 septembre dernier. L’occasion parfaite de leur poser quelques questions. On ne vous dira pas pourquoi ils se nomment les « perroquets » (apparement celui qui en a eu l’idée s’est fait virer du groupe et personne ne le sait plus vraiment), mais croyez nous, vous en apprendrez tout de même un peu plus à la lecture de notre interview.

Vous séchiez les cours pour jouer de la musique et traîner. Vous vous rappelez de cette période ?

Rien, on fumait tellement de weed, on a tout oublié. Non, c’est pas vrai. (rires) On s’allongeait souvent dans l’herbe. On avait seulement un cajón (un instrument issu du flamenco, NDLR) et deux guitares à l’époque. Bon c’est vrai, on fumait beaucoup… C’était la bonne époque. On était inscrit en médias à la fac, pour devenir journalistes. Mais l’université en Espagne c’est pas trop ça… Surtout les universités publiques c’est de la merde, particulièrement pour les matières artistiques ou de communication.

Quand avez-vous réalisé que ça devenait sérieux cette histoire ? 

On a toujours cru en nous et on était persuadés qu’on allait devenir bons. On a passé quatre ans à apprendre à jouer. Personne dans le groupe ne savait vraiment comment aligner trois notes au début. 3 ans plus tôt on signait avec notre manager, c’était le grand moment. On a sorti un single et on a commencé à voir une carrière musicale se profiler.

Vous habitez à Madrid depuis un moment, vous pensez quoi de cet endroit ? 

Les gens, les rues et le temps ensoleillé nous ont beaucoup inspirés. C’est pour ça qu’on essaye de faire de la surf musique : des sons courts et entraînants qui rappellent Madrid.

C’est quoi le point commun de tous les groupes madrilènes ?  

On traîne tous ensemble avec les Nastys et les Hinds. On boit, mange ensemble. On est de bons amis et il n’y a pas de concurrence. Forcément on s’inspire, on s’admire… On fait beaucoup de choses ensemble. Par exemple, si on doit sortir un clip on va demander à un mec des Nastys ou le coloc d’un autre groupe qu’on connaît.

Comment ça se fait que les gens aiment de nouveau la musique lo-fi ?

C’est à cause des années 1990. Tout le monde a tellement écouté de techno que les gens saturent. Ils veulent entendre de la guitare, c’est sûr. Le monde nous semble divisé entre la musique hip-hop et la musique rock maintenant… On est pas très techno.

D’ailleurs, vous aimez beaucoup le hip-hop mais ça s’entend pas vraiment dans votre musique. Ça vous inspire quand même ?

Dans le son, c’est évident que notre amour du hip-hop n’apparait pas vraiment… Mais dans notre attitude, si. Ça nous influence surtout dans la manière dont on agît et la dégaine qu’on adopte. On adore les clips de rap américain et espagnol, on aimerait bien pouvoir reproduire l’assurance qu’ont les MC dans nos propres clips.

Le titre de votre album c’est Los niños sin miedo, vous n’avez vraiment peur de rien ?

Alex : J’ai le vertige. J’ai peur de l’avion aussi. J’ai vraiment peur de la hauteur.

Larry : Je n’en ai pas du tout. (rires) Bon en vrai, j’aime pas trop les araignées. Les serpents non plus. Ah et aussi le fait de perdre la vue ou l’ouïe, enfin devenir vieux quoi…

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Words : Chayma Mehenna

Crédit photo : Romain Dpls, Attic Vidéo

Et c’est l’occasion de revoir les photos du groupe, en live au Moth Club de Londres, © Lucie Zorzopian :